La France est confrontée depuis plusieurs semaines à une pénurie de médicaments à base de cortisone. Une situation qui fragilise les patients et scandalise les professionnels du secteur.

La pénurie dure depuis plusieurs semaines 

le Solupred, le Cortancyl, le Celestene, le Quenacort ou encore le Diprostene, des corticoïdes très courants, se font rares voire absents des pharmacies.

Mercredi, une pétition a été adressée à la ministre de la Santé pour alerter sur les besoins des patients et de leurs familles.

Nous avons fait le test, mercredi : il était impossible de trouver de la cortisone dans plus de 20 pharmacies du centre de Paris. « On ne peut pas honorer les ordonnances et on ne sait pas quand ça va revenir. C’est un vrai souci », s’inquiète Fabrice, pharmacien.

Une pratique illégale pour répondre à la crise

En attendant de trouver une solution, l’agence du médicament demande aux médecins de limiter la cortisone aux situations où elles sont médicalement indispensables.

« La cortisone est le traitement de base de l’ensemble des médecins, ça touche des centaines de milliers de patients. C’est donc aberrant de nous demander de réduire nos prescriptions », s’insurge le Professeur Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie à l’Hôpital Saint-Antoine de Paris. « Nous, on attend que la cortisone revienne en pharmacie. »

 

Malgré les inquiétudes de certains médecins et patients face à des difficultés d’approvisionnement de médicaments à base de cortisone, l’agence du médicament assure qu’il n’y a pas de pénurie.

L’Agence du médicament ANSM a écarté jeudi tout risque de pénurie pour les corticoïdes, en réponse aux inquiétudes exprimées par des médecins et des patients rencontrant des difficultés pour s’approvisionner

Des stocks au niveau national mais des tensions localement

« On n’est pas dans une situation de pénurie. Il n’y avait pas zéro médicament », explique Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l’ANSM. « Nous avons les prévisions d’approvisionnements jusqu’à fin 2019. Les approvisionnements permettent de couvrir les besoins des patients au niveau national », souligne-t-elle.

« Pour autant, il y a des tensions au niveau local, au niveau des pharmacies hospitalières ou de ville », ajoute-t-elle. Le retour à la normale pour les patients pourrait prendre au plus tard quelques semaines, le temps que la distribution des stocks se fassent, selon l’ANSM. L’agence sanitaire « a demandé aux industriels de lever les contingentements pour approvisionner autant que de besoin les pharmacies ». 

Les corticoïdes sont utilisés dans le traitement de nombreuses affections comportant une composante inflammatoire ou allergique (sclérose en plaques, maladies rhumatologiques, mais aussi crises d’asthme, sinusite, otite…) dans certains cancers ainsi que, entre autres, dans le cadre de greffes d’organes.

 

Des corticoïdes toujours disponibles

Étant donné l’amélioration de la situation au niveau national, il n’apparaît plus nécessaire de restreindre l’utilisation des corticoïdes par voie orale à base de prednisone (comprimés de Cortancyl et ses génériques) et de prednisolone (comprimés de Solupred et génériques), note l’ANSM.

Concernant les médicaments corticoïdes injectables (Diprostene, Celestene et Celestene Chronodose), à ce jour, le Celestene injectable est de nouveau disponible. Ce médicament peut être utilisé en remplacement du Diprostene qui n’est plus disponible depuis fin février.

VOIR PÉTITION EN LIGNE

 

L’ANSM a demandé au fabricant

de mettre en place des mesures immédiates afin d’assurer la production de Diprostene et la disponibilité par voie d’importation.

Le Celestene Chronodose reste contingenté à l’hôpital sur des indications de traitement de la maladie des membranes hyaline [cause de détresse respiratoire des nouveau-nés, en particulier des prématurés].

Les patients pour lesquels ce médicament est indispensable ont accès à leur traitement, assure l’agence.

Les industriels convoqués pour assurer la disponibilité des médicaments

L’agence, « informée de tensions », a « immédiatement convoqué le 9 mai les fabricants afin qu’ils prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer l’accès à ces médicaments pour les patients dans les plus brefs délais.

 » Elle rappelle l’engagement des industriels d’importer afin de sécuriser la couverture des besoins français. « Le détail des importations sera connu prochainement (type de médicament, quantités, dosages) », indique la directrice adjointe. 

Un tableau de la disponibilité des différents médicaments, consultable sur le site de l’ANSM, sera prochainement actualisé et régulièrement mis à jour.