Hervé Servy est à présent à la tête d’une entreprise de 3 salariés, "pour ne pas être dépendant de subventions", et travaille, entre autres, avec les hôpitaux de Marseille. "La santé, c’est privé et sensible. L’employeur ou la compagnie d’assurance n’ont pas à savoir si on a du cholestérol ou si on est sous tranquillisants. La sécurisation de ces données est donc essentielle." Et pour cela, Hervé Servy a trouvé la solution : un site internet (www.sanoia.com) où l’on peut conserver ses données personnelles (accessibles depuis un ordinateur ou un smartphone) sans que l’on puisse identifier le patient... sauf à sa demande.

Concrètement, on entre son année de naissance pour pouvoir générer un code personnel. Des filtres vont ensuite empêcher le traçage de l’internaute (impossibilité de voir l’adresse mail ou IP, par exemple) pour être sûr de la confidentialité. Alors seulement, on peut remplir son carnet de santé et y accéder grâce à ce code. Il a longuement collaboré avec la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) pour assurer cette confidentialité. Et préserver ainsi cette spécificité française qui fait défaut ailleurs, notamment aux États-Unis, où le dossier médical des patients est en accès libre.