Marseille : un carnet de santé pour être suivi sans être fliqué

Photo Hervé Servy : DR

 

Un site internet propose un carnet de santé sécurisé. Avec un numéro de code pour éviter fuites et traçages

 

Hervé Servy est informaticien à La Ciotat… Parmi ses amis, des urgentistes. Ensemble, ils ont fait un constat simple : "La plupart des personnes qui arrivent aux urgences sont en état de choc et ne sont pas toujours capables de donner les informations nécessaires aux médecins pour leur santé. Elles oublient quasi systématiquement le nom des médicaments qu’elles prennent au long cours, leurs allergies, les problèmes de santé qu’elles ont rencontrés avant. Et pourtant, cela est essentiel." En 2008, le groupe d’amis lance donc une association pour mettre sur pied un carnet de santé totalement anonyme.

 

Hervé Servy est à présent à la tête d’une entreprise de 3 salariés, "pour ne pas être dépendant de subventions", et travaille, entre autres, avec les hôpitaux de Marseille. "La santé, c’est privé et sensible. L’employeur ou la compagnie d’assurance n’ont pas à savoir si on a du cholestérol ou si on est sous tranquillisants. La sécurisation de ces données est donc essentielle." Et pour cela, Hervé Servy a trouvé la solution : un site internet (www.sanoia.com) où l’on peut conserver ses données personnelles (accessibles depuis un ordinateur ou un smartphone) sans que l’on puisse identifier le patient... sauf à sa demande.

Concrètement, on entre son année de naissance pour pouvoir générer un code personnel. Des filtres vont ensuite empêcher le traçage de l’internaute (impossibilité de voir l’adresse mail ou IP, par exemple) pour être sûr de la confidentialité. Alors seulement, on peut remplir son carnet de santé et y accéder grâce à ce code. Il a longuement collaboré avec la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) pour assurer cette confidentialité. Et préserver ainsi cette spécificité française qui fait défaut ailleurs, notamment aux États-Unis, où le dossier médical des patients est en accès libre.

 

Myriam Tricoci-Robert

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